

La Chine sur le point de détrôner les États-Unis dans le domaine scientifique
Une montée en puissance scientifique
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont dominé le domaine de la recherche et du développement (R&D), se posant comme le principal bailleur de fonds mondial. Cependant, une analyse récente réalisée par le programme Frontiers in Science and Innovation Policy (FSIP) de l'université de Californie à San Diego, publiée dans Nature Index, révèle que la Chine pourrait supplanter le pays de l'oncle Sam dans ce domaine d'ici deux à trois ans.
Des investissements en forte croissance
Cette évolution spectaculaire est le résultat d'une stagnation des investissements publics américains en R&D, alors que les dépenses en Chine continuent d'augmenter à un rythme rapide. Selon les données de l'OCDE, les dépenses publiques de R&D en Chine ont atteint 133 milliards de dollars américains en 2023, marquant une hausse de 90 % en dix ans. En revanche, les États-Unis ont vu leurs dépenses n'augmenter que de 12 %, s'élevant à 155 milliards de dollars.
De plus, la Chine projette d'accroître ses dépenses globales de R&D d'au moins 7 % par an jusqu'en 2030, représentant ainsi des milliards de dollars supplémentaires chaque année, consacrés tant à la recherche fondamentale qu'appliquée.
Un leadership technologique en émergence
Un rapport du Australian Strategic Policy Institute (ASPI), un think tank indépendant, souligne que la Chine est déjà à la pointe de la recherche dans près de 90 % des technologies cruciales, qui influencent significativement les intérêts nationaux des pays. En ce qui concerne la recherche fondamentale, les chercheurs du programme FSIP estiment que le financement global des agences américaines, telles que la National Science Foundation et les National Institutes of Health, restera stable cette année, en raison de l'opposition du Sénat aux coupes budgétaires proposées par la Maison-Blanche.
Cependant, les prévisions pour les années à venir ne sont pas optimistes quant à la capacité du Congrès à résister aux réductions drastiques souhaitées par l'administration Trump.
Un avenir prometteur pour la recherche en Chine
Rao Yi, un neuroscientifique basé à l'université de Pékin, dirige un laboratoire de recherche de pointe sur le cerveau. De retour en Chine en 2007, il a utilisé son expérience acquise aux États-Unis pour revitaliser les sciences de la vie dans son pays. Dans un article paru dans Nature en juin 2025, il a souligné que les hésitations des États-Unis pourraient offrir à la Chine une opportunité de rattraper son retard sur la scène internationale, plaçant le pays en position de dépasser les États-Unis dans la recherche fondamentale d'ici une décennie.
Robert Conn, spécialiste des politiques de recherche et codirecteur du programme FSIP, déclare : « La recherche fondamentale est au cœur du processus de développement, elle constitue la base des innovations et découvertes des dix prochaines années. »
Un déséquilibre persistant dans le domaine militaire
Alors que la Chine se positionne pour dépasser les États-Unis en matière de R&D, elle reste encore loin derrière en ce qui concerne le domaine militaire. Actuellement, les États-Unis continuent de se vanter de leurs technologies de défense avancées, telles que le USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions du monde, le bombardier B-2 furtif, et le chasseur F-35, également furtif. Le déploiement des forces américaines au Moyen-Orient illustre parfaitement la puissance et la polyvalence de l'outil militaire américain.
Donald Trump souhaite renforcer encore cette capacité. Le budget de la défense américaine avoisine déjà les 1 000 milliards de dollars, soit environ quinze fois celui de la France, et le président des États-Unis envisage une augmentation de 50 % l'année prochaine.
La Chine, quant à elle, prévoit de dépenser en 2026 l'équivalent de 275 milliards de dollars pour sa défense, soit près de quatre fois moins que les États-Unis. Cependant, depuis 2016, le budget de défense chinois augmente de 7 % à 8 % chaque année. Xi Jinping, conscient de l'importance du temps, s'est également montré capable d'avancer rapidement dans des projets ambitieux, comme en témoigne la construction de 50 000 kilomètres de voies de TGV en un temps record et les succès chinois dans le domaine spatial.
Une vision à long terme
La Chine a également des ambitions à long terme. En 2049, elle célébrera le centenaire de la République populaire de Chine et aspire à redevenir la première puissance mondiale à cette occasion. Avec ses projets de routes de la soie, sa production industrielle massive, son arsenal militaire redoutable, et une R&D en plein essor, le pays affiche une volonté de fer pour réaliser cette vision.
En filigrane, la Chine développe également une surveillance de masse de haute technologie, soulevant des questions éthiques et sociopolitiques majeures.
Conclusion
Alors que la Chine se dirige vers un leadership scientifique mondial, les États-Unis doivent réagir pour maintenir leur position. Les implications de ce changement de dynamique pourraient redéfinir les relations internationales et la compétition technologique pour les années à venir.
