

Le Health Data Hub opte pour Scaleway, un acteur français, pour l'hébergement de données de santé
Le Health Data Hub choisit Scaleway pour l'hébergement des données de santé
Publié le 23 avril 2026 - Par Victoria Beurnez
Le Health Data Hub, qui envisage de se renommer en Plateforme des données de santé (PDS), a récemment pris une décision majeure en choisissant le fournisseur de cloud français Scaleway pour l'hébergement de ses données de santé. Cette annonce intervient après un changement de direction en mars dernier, marquant le début d'une nouvelle ère plus souveraine pour la plateforme, désormais indépendante de Microsoft.
Un virage vers la souveraineté numérique
Conformément à la législation en vigueur, la Plateforme des données de santé sera désormais en mesure d'héberger directement les données, facilitant ainsi leur accès pour la recherche. Ce changement est particulièrement significatif, car il permet de tourner la page sur les controverses passées liées à l'hébergement des données par des entreprises non européennes.
Un processus de sélection rigoureux
La décision de sélectionner Scaleway fait suite à un processus de sélection minutieux mené via le marché public Nuage public de l'Ugap. Ce dernier regroupe des fournisseurs de cloud français et européens et a été évalué selon 350 critères techniques définis par la Plateforme des données de santé.
« Pendant deux mois et demi, plusieurs fournisseurs de cloud ont participé à un processus de sélection rigoureux, basé sur l'expression des besoins de la plateforme ainsi que sur des questionnaires et échanges standardisés, afin de garantir une égalité de traitement optimale », a déclaré la Plateforme des données de santé.
Un nouveau leadership à la tête de la PDS
La Plateforme des données de santé a récemment nommé Hela Ghariani, ancienne déléguée au numérique en santé, à sa direction. Ce changement de leadership est perçu comme un signal fort de l'engagement de la PDS à renforcer sa mission et à améliorer l'accessibilité des données de santé en France.
Un historique controversé avec Microsoft
Lors de sa création en 2019, le Health Data Hub avait initialement opté pour la solution cloud de Microsoft, Azure, un choix qui a suscité de vives critiques. Ce choix controversé était motivé par des contraintes de temps et un grand nombre de critères, mais il a également été à l'origine d'une enquête sénatoriale sur la commande publique.
La présence d'une entreprise américaine comme Microsoft était incompatible avec la doctrine cloud au centre et avec l'article 31 de la loi sur la sécurisation de l'espace numérique, qui impose que les données sensibles soient hébergées dans un environnement certifié SecNumCloud. Ce label ne peut pas être attribué à des entreprises extra-européennes, ce qui a entravé l'utilisation secondaire des données de santé pour la recherche.
Amélioration de l'accès aux données de santé
Grâce à ce nouvel arrangement avec Scaleway, la Plateforme des données de santé sera en mesure de fournir directement des données exploitables aux porteurs de projets, tels que les chercheurs, réduisant ainsi le processus d'accès qui pouvait durer jusqu'à deux ans.
La PDS détiendra désormais un contrôle total sur cette copie de la base de données, ce qui représente une avancée considérable pour la recherche en santé et l'amélioration des soins.
Un enjeu dans le cadre de l'Espace européen des données de santé
Cette décision est particulièrement attendue dans le contexte du futur Espace européen des données de santé. Ce projet vise à rendre les données françaises interopérables et accessibles, tout en garantissant leur qualité pour les pays souhaitant les combiner avec les leurs dans le cadre de projets de recherche.
Les implications pour le secteur de la santé et de la recherche sont multiples : amélioration de la qualité des soins, prévention, détection précoce de pathologies, suivi de l'efficacité des traitements, et bien plus encore.
Conclusion
Avec ce changement stratégique, la Plateforme des données de santé ouvre la voie à une gestion plus efficace des données de santé en France. Dans un monde où la protection des données et la souveraineté numérique sont essentielles, ce choix marque un tournant significatif pour l'avenir de la santé numérique en France.
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