

Une science sous pression
La science, pilier de la connaissance et de la compréhension des enjeux contemporains, est aujourd'hui sous le feu des critiques dans de nombreux pays occidentaux. Les méthodes et les conclusions scientifiques sont systématiquement remises en cause par des acteurs politiques aux agendas populistes. Dans ce contexte, trois chercheurs - Olivier Berné, Emmanuelle Perez Tisserant et Tamara Ben Ari - se sont penchés sur ce phénomène alarmant.
Un constat alarmant
Il y a une douzaine d'années, peu de gens auraient pu imaginer un tel bouleversement. Les certitudes scientifiques sont aujourd'hui mises à mal par des discours populistes qui se répandent aussi bien aux États-Unis qu'en Europe. En Argentine, par exemple, l'arrivée au pouvoir de Javier Milei a marqué un tournant, comme le souligne la climatologue Valérie Masson-Delmotte dans sa préface du livre. En Europe, les décisions du Parlement européen et les réformes en France, comme la loi Duplomb, montrent un mépris croissant pour le consensus scientifique sur des questions cruciales telles que l'usage des insecticides néonicotinoïdes.
Les auteurs et leur combat
Olivier Berné, astrophysicien, Emmanuelle Perez Tisserant, historienne spécialisée dans l'histoire américaine, et Tamara Ben Ari, chercheuse en sciences de l'environnement, unissent leurs forces pour dénoncer cette tendance inquiétante. Leur engagement commun les a conduits à rejoindre des collectifs de scientifiques, tels que Stand Up for Science France, un mouvement né aux États-Unis pour s'opposer au démantèlement de la science sous l'administration Trump.
Un parallèle avec Orwell
Le titre de leur ouvrage, Le Moment Orwellien - La science face aux nouveaux obscurantismes, établit un parallèle audacieux mais pertinent entre la dystopie de George Orwell et la désinformation croissante à notre époque. Des exemples concrets, tels que le bannissement de certains termes dans les projets de recherche (comme le racisme et le changement climatique), la destruction d'archives et l'abandon de bases de données, illustrent cette dérive.
Une guerre contre la science
Ce discours, bien que caricatural aux États-Unis, trouve écho chez les partis d'extrême droite et certains courants de droite en Europe. Il est motivé à la fois par des idéologies extrêmes et des intérêts financiers. Alors que la science a historiquement accompagné la croissance économique, elle met aujourd'hui en lumière la nécessité de régulations pour préserver les équilibres environnementaux, une réalité que les élites économiques et politiques trouvent intolérable.
Les conséquences en France
Les auteurs évoquent des exemples concrets en France où la science est attaquée. Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, a qualifié les universités et les organismes de recherche de « bande de nuls ». De plus, le gouvernement d'Gabriel Attal a remplacé l'instrument de mesure de l'usage des pesticides (le Nodu) parce qu'il gênait leur agenda.
Une menace pour la vérité
Tout cela s'inscrit dans une volonté de « mettre fin à la vérité », une ambition que la mouvance libertarienne au pouvoir aux États-Unis semble poursuivre avec détermination. Les récalcitrants sont persécutés, et la boucle se referme sur une époque où la science, autrefois respectée, se retrouve sous le joug de l'obscurantisme.
Conclusion
Le livre Le Moment Orwellien - La science face aux nouveaux obscurantismes, publié par Seuil, est un appel à la vigilance. Les auteurs, par leur analyse, nous invitent à réfléchir sur les implications de cette guerre menée contre la science et les dangers qui en découlent pour notre société. À travers leur travail, ils soutiennent non seulement la science mais également la nécessité d'une information fiable et de qualité.
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