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Quatre heures de sommeil suffisent-elles ? Cinq gènes découverts par la science pourraient expliquer ce phénomène
Sante

Quatre heures de sommeil suffisent-elles ? Cinq gènes découverts par la science pourraient expliquer ce phénomène

29 avril 2026-673 MOTS
Une récente étude a identifié cinq gènes associés à la capacité de dormir moins de six heures par nuit sans effets néfastes. Bien que la recherche offre des perspectives intéressantes sur la génétique du sommeil, elle souligne également la complexité de la relation entre les gènes et la durée du sommeil, et appelle à la prudence face aux risques de la privation de sommeil.

Le mystère du sommeil court

Le gène du sommeil court suscite l'envie de tous ceux qui peinent à sortir du lit chaque matin. En effet, une minorité de la population dispose d'une mutation rare qui lui permet de fonctionner avec seulement quatre ou cinq heures de sommeil. Récemment, des chercheurs ont identifié un cinquième gène impliqué dans ce phénomène, et les implications pour la médecine pourraient être considérables.

Une aptitude fascinante

Certaines personnes se réveillent à cinq heures du matin après avoir dormi seulement quatre heures, se sentant reposées et prêtes à commencer leur journée. Le gène du sommeil court est souvent cité pour expliquer cette capacité unique, qui intrigue les scientifiques depuis plus de quinze ans.

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Des recherches révélatrices

Tout a commencé avec une observation surprenante : plusieurs membres d'une même famille dorment naturellement moins de six heures par nuit, sans ressentir de somnolence diurne ni de déclin cognitif. Pour comprendre ce phénomène, la neurologue Ying-Hui Fu, de l'Université de Californie à San Francisco, a entrepris des recherches approfondies. Son équipe a publié une étude dans la revue Science, identifiant une mutation ponctuelle sur le gène DEC2, également connu sous le nom de BHLHE41.

Les résultats de l'étude

Les porteurs de cette mutation dorment en moyenne 6,25 heures par nuit, comparativement à 8 heures pour ceux qui ne sont pas porteurs. Pour valider ces résultats, les chercheurs ont reproduit cette mutation chez des souris, qui ont montré un sommeil réduit et une phase d'éveil prolongée. Cette découverte a ouvert de nouvelles voies de recherche, prouvant qu'un seul gène peut influencer la durée du sommeil chez l'homme.

Une question cruciale

À la suite de cette découverte, une question essentielle s'est posée : combien d'autres gènes pourraient avoir un impact similaire ? Depuis 2009, le laboratoire de Ying-Hui Fu a identifié trois autres gènes liés à un sommeil court naturel : ADRB1, NPSR1 et GRM1. Chacun de ces gènes agit à des endroits distincts du cerveau, certains renforçant les signaux d'éveil tandis que d'autres modifient l'homéostasie du sommeil.

Un cinquième gène identifié

Récemment, une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences a ajouté un cinquième gène à cette liste : la mutation SIK3-N783Y, qui induirait également un phénotype de sommeil court chez les porteurs. Ainsi, au total, cinq gènes sont maintenant reconnus comme permettant ce fonctionnement atypique.

Les effets neurologiques

Les souris portant ces mutations affichent une meilleure résistance aux effets neurologiques liés à un manque de sommeil. Toutefois, les recherches récentes mettent en garde contre un optimisme excessif. Des études sur de vastes biobanques ont révélé que de nombreux individus portant ces mutations ne présentent pas nécessairement un sommeil réduit.

Une relation complexe

La relation entre la génétique et la durée du sommeil s'avère être bien plus complexe qu'une simple équation à une variable. Il semblerait que le sommeil soit hautement polygénique, ce qui signifie que des dizaines, voire des centaines de variants génétiques peuvent influencer la durée totale du sommeil, chacun ayant un effet minime. À ce jour, le plus grand effet identifié n'est que de trois minutes de sommeil supplémentaire ou en moins par nuit.

Les risques de la privation de sommeil

Cette réalité biologique remet en question l'idée de pouvoir transformer volontairement ses habitudes de sommeil. Tenter d'imiter un petit dormeur sans posséder ses gènes expose à de bien connus risques pour la santé. Une privation chronique de sommeil augmente de trente fois le risque de démence à mi-vie, et peut également entraîner des problèmes comme le diabète, l'hypertension et l'obésité.

Vers de nouveaux traitements

La science s'oriente donc moins vers la reproduction de ce phénomène, mais plutôt vers le développement de traitements pour les troubles du sommeil, en s'inspirant de ces cerveaux atypiques. Ainsi, les recherches sur les gènes liés au sommeil pourraient ouvrir la voie à des solutions innovantes pour améliorer la qualité de vie de millions de personnes.

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