

Une seule santé : Une approche intégrée pour préserver notre biodiversité et notre santé
Une approche globale : Le concept de « Une seule santé »
Le concept « Une seule santé » (« One Health ») offre une vision intégrée de la santé, affirmant que la santé des animaux, des plantes, des êtres humains et des écosystèmes sont indissociablement liées. Cette approche s'applique à l'échelle mondiale, nationale et régionale. Dans ce cadre, la Région Nouvelle-Aquitaine mobilise tous les acteurs concernés pour développer des solutions innovantes, regroupées dans un cahier des solutions.
Des enjeux environnementaux majeurs
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 23 % des décès et 25 % des maladies chroniques dans le monde sont attribuables à des facteurs environnementaux et comportementaux, tels que la qualité de l’air, celle de l’eau, l’alimentation, l’exposition aux produits chimiques, le bruit et les ondes. De plus, 75 % des maladies infectieuses émergentes chez l’Homme ont une origine animale. Cette situation révèle les interactions complexes entre la santé humaine, animale, végétale et environnementale, et souligne l'importance d'une approche unifiée.
Une nécessité de réconciliation
« Sachant que tout est lié, il faut s’arrêter, réfléchir, écouter la science. Et réconcilier le scientifique, le politique et le citoyen », affirme Gilles Bœuf, spécialiste de la physiologie environnementale et de la biodiversité, qui joue un rôle clé dans la stratégie « Une seule santé » de la Région.
La Région Nouvelle-Aquitaine a intégré cette ambition dans sa feuille de route de transition énergétique et écologique, « Neo-Terra ». Elle mobilise toutes les ressources nécessaires et tous les acteurs pour adopter une approche pluridisciplinaire, afin de prévenir et de proposer des solutions innovantes face aux enjeux sanitaires.
Actions concrètes pour une santé unifiée
Le cahier des solutions One Health présente plusieurs initiatives. En raison de sa production de volailles en plein air et de sa position dans le couloir migratoire de l’avifaune sauvage, la Nouvelle-Aquitaine est exposée au virus de l’influenza aviaire hautement pathogène, communément appelé « grippe aviaire ». Cette zoonose a déjà entraîné des transmissions à l’Homme dans le passé.
Depuis octobre 2023, tous les canards gras élevés en France doivent être vaccinés. Parmi les vaccins, un produit à ARN messager, développé par Ceva Santé animale, est à la pointe de l'innovation. Véronique Kodjo, directrice industrielle de Ceva, souligne : « La grippe aviaire est un enjeu sanitaire majeur car plus le virus circule, plus il est susceptible de mutations et plus grand est le risque. »
Ceva a mis en place une plateforme technologique permettant de produire des vaccins à ARN, réduisant par trois le temps nécessaire à leur fabrication. Cela facilite l’adaptation rapide aux souches émergentes et permet une montée en charge industrielle accélérée. Grâce à un soutien financier de la Région et de BPI France, l’entreprise a choisi de relocaliser la production de ces vaccins à Libourne (33), sur le site de son siège. Véronique Kodjo ajoute : « Un programme sur cinq ans avec amélioration de la technologie afin de sécuriser la production et de créer un pôle d’excellence en Nouvelle-Aquitaine. »
Répondre aux défis du changement climatique
Les cultures, telles que le maïs, le soja, le tournesol, le blé et l’orge, subissent de plus en plus de stress hydrique en raison du changement climatique. En 2017, la biotech charentaise Elicit Plant a identifié cette problématique. Aymeric Molin, directeur général, explique : « Notre ambition était de réconcilier l’irréconciliable : trouver des solutions naturelles et durables pour gérer l’eau nécessaire à l’agriculture sans affecter les rendements. »
Grâce à l’utilisation de phytostérols, des molécules présentes dans les plantes qui régulent leur croissance et renforcent leur résistance au stress hydrique, Elicit Plant a formulé un biostimulant permettant de diminuer la consommation d’eau des plantes de 20 % tout en maintenant les rendements. Actuellement, la biotech développe également une solution naturelle pour stimuler la résistance des plantes au mildiou.
Préserver l’eau potable
Le programme Re-Sources, coordonné par la région depuis 2022, vise à préserver la ressource en eau potable en accompagnant les agriculteurs dans leurs pratiques. Aude Witten, directrice générale adjointe de l’agence de l’eau Adour-Garonne, précise : « Pour engager des politiques agricoles durables, il est impératif que celles-ci soient économiquement viables. »
Les résultats sont encourageants : en Charente, deux tiers des captages soutenus par Re-Source ont vu leur concentration en nitrates diminuer.
Ces initiatives témoignent de l’engagement de la Région Nouvelle-Aquitaine vers une approche intégrée, où la santé humaine, animale et environnementale se rejoignent pour un avenir durable.
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